Ma rue raconte

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Rue Marguerite Champendal


Liste des 26 volets

  1. Promenade Louis Agassiz (1807-1873), Neuchâtel
  2. Rue de la Reine Berthe (~900)
  3. La montée Corinna Bille (1912-1979), Veyras
  4. Promenade des Bisses, Ardon
  5. Rue Marguerite Champendal (1870-1928), Genève
  6. Rue des chenevières, Martigny
  7. Place Louis Chevrolet (1878-1941), Bonfol
  8. Rue Fernand Dumas (1892-1956), Romont
  9. Rue Failloubaz (1892-1919), Avenches
  10. Rue Hans Fries (1460-1520), Fribourg
  11. Rue Hermann Geiger (1914-1966), Sion
  12. Rue de la Petite Gilberte (1896-1946), Courgenay
  13. Rue Emilie Gourd (1879-1946), Genève
  14. Rue Clara Haskil (1989-1960), Vevey
  15. Chemin des Indiennes, Areuse
  16. Pierre Jaquet-Droz - Père (1721-1790)
    Henri-Louis Jaquet-Droz - Fils (1752-1791), La Chaux-de-Fonds
  17. Rue de la Belle Luce (1500), Bulle
  18. Rue Marcello (1836-1879), Fribourg
  19. Rue Montagu (1789-1858), La Neuveville
  20. Rue du Musée, Estavayer-le-lac
  21. Rue Pierre Péquignat(1669-1740), Porrentruy
  22. Rue Louis Pernod (1836-1910), Couvet
  23. Rue Horace-Bénédict de Saussure (1740-1790), Genève
  24. Place Saint-François, Lausanne
  25. Rue Rodolphe Toepffer (1799-1846), Genève
  26. Rue Vaicle (1589), St-Ursanne

Synopsis des 26 volets

Promenade Louis Agassiz (1807-1873), Neuchâtel

Le travail de Louis Agassiz, naturaliste et botaniste neuchâtelois du XVIIIème siècle, impressionne encore aujourd'hui. Son observation des poissons fossiles, de ceux du lac et les fabuleuses planches qu'il fit dessiner d'eux, sont d'une rare beauté et d'un intérêt certain pour le monde scientifique. C'est aussi ce savant qui développa les théories glacières, théories selon lesquelles le continent était recouvert de glaces il y a des milliers d'années. Un bloc de 3'000 tonnes de granit "La pierre à bot" en-dessus de Neuchâtel, témoigne du passage d'un glacier sur le site.
Célèbre dans le monde entier Louis Agassiz propulsa Neuchâtel au premier plan de la recherche en sciences naturelles.

Intervenants : MM. Jacques Ayer, géologue, Jean-Paul Haenni, biologiste, Michel Bonny, pêcheur

Rue de la Reine Berthe (~900)

Oublions les historiens fâcheux, les contradictions et les invraisemblances, et plongeons-nous dans la légende de La Reine Berthe. Cette souveraine, qui construisit de nombreuses églises, dont celle qui fut à l'origine de l'Abbatiale de Payerne, fut adulée par un peuple qu'elle protégeait lorsque son mari combattait hors du pays. Cette reine de Bourgogne (territoire englobant l'actuelle Suisse Romande) enseignait dit-on aux paysannes à filer. C'est d'ailleurs pour ne pas perdre une minute que la bonne Reine Berthe filait sur son cheval, dit la légende. Et si ce n'était pas qu'une légende ?

Intervenants: M. Jean-Louis Kaenel, conservateur du Musée et Mme Michèle Simonet, secrétaire et "Reine"

La montée Corinna Bille (1912-1979), Veyras

Corinna Bille utilise sa plume comme un chirurgien son scalpel: elle dissèque notre société, nos envies, nos désirs cachés, avec une virulence et une précision qu'elle dissimule derrière l'image d'une mère de famille tranquille.
Corinna Bille c'est la violence des mots, le choc des idées" dit son mari Maurice Chappaz "totalement habitée par ses personnages, même les plus étranges ".
Corinna Bille a dompté la langue, compris sa force, c'est peut-être cela qui fait d'elle l'un des écrivains les plus importants de la littérature romande.

Intervenant: M. Maurice Chappaz, écrivain

Promenade des Bisses, Ardon

Il fut une époque en Valais où l'eau était sacrée. Son acheminement vers les cultures était primordial pour le bien-être de l'économie locale.
La construction et l'entretien des bisses, sorte de canalisations en bois construites pour acheminer la neige fondue dans les champs et les villages, étaient l'affaire de tous. La vie quotidienne de la population était rythmée par le clapotis de l'eau.
Aujourd'hui, les barrages et les conduites forcées alimentent les stations de ski et les villes de la plaine en eau courante à toute heure du jour et de la nuit. La vie a changé, mais les bisses restent là : la plupart abandonnés deviennent de simples buts de promenades.

Intervenants : La classe, 2ème année primaire, de Mlle Marie-Claude Rouiller, et M. Martial Varone, ancien gardien de bisses

Rue Marguerite Champendal (1870-1928), Genève

Après avoir fait des études de médecine contre la volonté de son père pasteur et d'une société qui n'acceptait pas qu'une femme quitte ses casseroles pour l'université, Marguerite Champendal s'installe et crée "La Goutte de Lait". centre de nutrition pour nouveaux-nés. Par la suite, cette femme qui ne supportait pas que l'on baisse les bras face à la misère de certains quartiers genevois, mettra sur pieds une pouponnière et le premier service d'aide et de soins à domicile.
Mais l'œuvre de sa vie sera la création d l'École d'Infirmières du "Bon Secours destinée dans un premier temps aux jeunes filles oisives de bonne famille qui n'ont pas besoin de gagner leur vie. La Doctoresse dira avant de mourir en 1928: "Rappelez-vous mes enfants, ce que je rêvais pour vous, ça se dit en un seul mot: "Servir"

Intervenantes: Mmes Marie-Thérèse Engelberts, Directrice de l'École "Le Bon Secours ", et Renée Sturm, infirmière retraitée

Rue des chenevières, Martigny

Autrefois, les chenevières étaient les champs dans lesquels on cultivait le chanvre, et chaque localité valaisanne avait son bout de terrain où cette plante poussait. Elle servait à la fabrication de vêtements, de cordes et de toiles pour bateaux d'une très grande résistance.
Aujourd'hui, plusieurs agriculteurs valaisans se sont à nouveau lancés dans son exploitation. Ils en font des chaussures, des pâtes alimentaires, de l'huile et même de la litière pour chats.
Mais la loi interdit toujours que l'on fume cette plante. 

Intervenant: M. Bernard Rappaz, agriculteur

Place Louis Chevrolet (1878-1941), Bonfol

Au début du siècle, l'Amérique était le pays du futur, de la modernité.
Louis Chevrolet quitta son Jura natal pour rejoindre ce Nouveau Monde. A force de travail, de passion et de talent ce jeune mécanicien créa une marque de voiture de sport qui fit les beaux jours des circuits américains. Rival de Ford, Louis Chevrolet était l'illustration parfaite de 'l'american dream". Le seul défaut de notre homme : ne pas être un bon gestionnaire. Et c'est ce qui le perdit. Il dut vendre sa marque automobile et mourut sans toucher un sou sur les voitures qui portaient et portent encore son nom.

Intervenant: M. Pierre Barras, journaliste

Rue Fernand Dumas (1892-1956), Romont

'Mon père faisait une église et un gosse par an. Au huitième enfant, il continua les églises parce qu'il y réussissait mieux" disait-il.
C'est ainsi que l'un des fils de l'architecte romontois Fernand Dumas, présente son père.
Fernand marqua à jamais l'art catholique par les nombreuses églises qu'il construisit à travers tout le pays. Pour les artistes du Groupe de St-Luc, groupe catholique de droite, dont le plus célèbre est C.-A. Cingria, ce fut l'occasion de décorer des édifices à la mesure de leur talent.
Pour ses enfants, c'est l'image d'un père omnipotent, sévère et despote, mais admiré, qui restera gravée dans leurs mémoires.

Intervenant: M. Luc-François Dumas, professeur

Rue Failloubaz (1892-1919), Avenches

La vie d'Ernest Failloubaz est indissociable de la naissance de l'aviation en Suisse. En effet le "gamin volant", comme le surnommait affectueusement les Avenchois, fut le premier pilote de notre pays - le brevet N° 1. Il avait dix-huit ans. C'était au début de notre siècle, lorsque l'aviation était une passion, un rêve, pour d'autres une folie.
Mais les vents tournent vite. La candeur et l'enthousiasme de Failloubaz ne résistèrent pas à l'industrialisation de l'aviation. Le jeune homme mourut à vingt-sept ans, brisé et oublié de tous.

Intervenant: M. Michel Doleires, directeur de l'Office du Tourisme d'Avenches

Rue Hans Fries (1460-1520), Fribourg

Hans Fries peintre fribourgeois marqua l'art religieux par sa recherche sur la puissance des couleurs. Son tableau "La Prédiction de St-Antoine" se lit comme une bande dessinée. En effet cette toile peinte en 1506 et signée par Fries - ce qui est très rare à cette époque - illustre la phrase "Là où est ton cœur, là est ton trésor"
C'est à travers le rue qui porte le nom de cet artiste et le témoignage de l'une de ses plus vieilles habitantes, que l'on découvre le Fribourg d'autrefois, lorsque le chef-lieu du canton n'était qu'un gros bourg hésitant entre la campagne et l'urbanisation, la paysannerie et l'industrie.

Intervenants : Le Père Maximilien Sauge, Couvent des Cordeliers, et Feu Mme Angèle Stalder, ouvrière

Rue Hermann Geiger (1914-1966), Sion

Hermann Geiger est l'incarnation même du héros : grand, beau, humble et généreux.
Le Valaisan que l'on surnommait "le St-Bernard des glaciers" sauva des centaines de vies en risquant la sienne. Il fut l'un des premiers à se poser avec un avion sur les glaciers afin de venir en aide aux skieurs en détresse, aux alpinistes pris dans des crevasses.
Aujourd'hui encore, l'image de son petit avion affrontant l'immensité des montagnes impressionne.
Hermann Geiger se tua dans un stupide accident d'avion à Sion.

Intervenant: M. Bruno Bagnoud, pilote et directeur d'une compagnie aérienne.

Rue de la Petite Gilberte (1896-1946), Courgenay

S'il y a bien une chanson que tous les Suisses fredonnaient durant la Première Guerre Mondiale, c'est bien celle de "La Petite Gilberte ".
Cette jeune sommelière du café de Courgenay fut une véritable héroïne pour tous les soldats mobilisés dans le Jura. A l'image des stars américaines, Franz Schnyder réalisa un film sur son histoire en 1941.
Les hommes privés de présences féminines trouvèrent en Gilberte, la mère, l'amie, l'infirmière, la confidente, ou la secrétaire qu'ils avaient laissée à la maison. Préférée par les Alémaniques, car elle parlait l'allemand, Gilberte devint l'image d'une Suisse amie face à l'adversité.

Intervenantes : Mmes Eliane Chytil, conseillère communale, et Marguerite Gigon, tenancière de Café

Rue Emilie Gourd (1879-1946)

Avec son diplôme de l'École de Jeunes Filles, Emilie Gourd n'a pas accès à l'université. Mais cette jeune fille est une femme de combat. En rencontrant Auguste de Morsier qui présidait alors l'Association Genevoise pour le suffrage Féminin, Emilie se découvre une vocation, celle de se battre pour l'égalité entre hommes et femmes au point de vue civique. Elle crée le premier journal suisse de lutte féministe, qui existe toujours sous le nom de "Femmes suisses".
En 1971, soit vingt-cinq ans après la mort d'Emilie Gourd, son combat porte enfin ses fruits : le droit de vote est accordé aux femmes.

Intervenante: Mme Simone Chapuis, Présidente de l'Association suisse pour les droits de la femme.

Rue Clara Haskil (1989-1960), Vevey

Génie du piano dès son plus jeune âge, juive Roumaine obligée de fuir les persécutions d'une Europe devenue nazie, la vie de Clara Haskil n'a rien d'un conte de fée. Cette frêle femme, qui douta toujours de son talent, connut finalement un peu de paix et enfin la reconnaissance de son immense talent lorsque des mélomanes veveysans l'accueillirent à Vevey.
Elle rencontra Charlie Chaplin et une grande amitié s'établit entre eux.. Il dira d'elle plus tard: "Dans ma vie j'ai eu la chance de rencontrer deux génies : Churchill et Clara Haskil".

Intervenant: M. Michel Rossier, Président de l'Association Clara Haskil

Chemin des Indiennes, Areuse

Au XIXème siècle, Neuchâtel n'était pas seulement célèbre pour ses montres, mais aussi pour ses Indiennes.
Ces toiles de coton peintes nécessitaient un nombre impressionnant d'opérations fort délicates pour arriver à un résultat somptueux. De l'étendage de l'indienne dans les champs à son impression qu'il fallait réussir du premier coup, ce travail demandait une importante main-d'œuvre. Des enfants aux vieillards, tout le monde travaillait dans des conditions inhumaines pour le compte de véritables dynasties qui régnaient sur cette industrie. Les principales indiennes se trouvaient sur le littoral neuchâtelois.
Toutes ces usines fermèrent à la fin du XIXème avec les mesures protectionnistes que Napoléon III imposa à l'Europe.

Intervenantes : Sœur Yvonne Delattre, couvent de Grandchamp, et Mme Hélène Dubey, conservatrice

Pierre Jaquet-Droz - Père (1721-1790)
Henri-Louis Jaquet-Droz - Fils (1752-1791), La Chaux-de-Fonds

Issu de la bonne société horlogère protestante de La Chaux-de-Fonds, Pierre Jaquet-Droz va donner une dimension artistique à la mécanique de précision. Avec ses fabuleux automates, ses horloges et ses androïdes - automates à figures humaines - qui sont véritablement les ancêtres de la machine à écrire et de l'ordinateur, notre homme, son fils Henri-Louis et son fils adoptif Jean-Frédérique Leschot vont séduire toute l'Europe, avec entre autres "L'Ecrivain", "le Dessinateur "et "la Musicienne".
Malheureusement, ces petits trésors de précision seront perdus après la mort des derniers membres de la famille et la faillite de l'entreprise vers 1790.
Vendus et revendus ils reviennent en Suisse au début de ce siècle et "vivent" maintenant au Musée de Neuchâtel.

Intervenant: M. Yves Scherer, directeur d'entreprise

Rue de la Belle Luce (1500), Bulle

Il était une fois une jeune paysanne de Gruyères, belle et fière, qui se nommait Luce. Lors d'une partie de chasse, le Comte Jean II, maître de ces terres, rencontra la jeune fille au détour d'un bois. Ému par sa beauté, le Seigneur du Château offrit au père de Luce un grand pré contre sa fille. Le paternel, dénué de scrupules accepta et la jeune fermière fût séquestrée au Château. Là, elle se refusa à Jean II, car déjà fiancée à un garçon de sa condition. Ce dernier vint héroïquement la délivrer.

Intervenantes : Mmes Gisèle Bralizart, ménagère et actrice dans le rôle de "La Belle Luce" et Françoise Rime, chanteuse

Rue Marcello (1836-1879), Fribourg

Au XIXème siècle, il était fort mal vu pour une femme de la bonne société de pratiquer la sculpture.
C'est pourtant à cette dernière forme d'expression artistique que la Duchesse de Colonna, séduisante aristocrate fribourgeoise, dédia sa vie. Entre l'Italie et la France, Napoléon III qui l'adulait, et les partis d'opposition qui la convoitaient entre les Cours d'Europe et la campagne helvétique, la duchesse, qui prit comme nom d'artiste Marcello, hésita toute sa vie.

Intervenante: Mme Monique von Wistinghausen, historienne

Rue Montagu (1789-1858), La Neuveville

Mais qui était donc ce Lord Montagu si cher aux Neuvevillois? Un homme de bonne volonté, un capitaine de vaisseau, un petit Britannique exilé en terre jurassienne, un pirate?
Et s'il avait été tous ces personnages à la fois?
Une chose est sûre: notre homme prit sa retraite à vingt-neuf ans, enrichi par l'or piraté sur les bateaux ennemis vaincu lors d'impitoyables batailles navales.
Montagu légua une partie de sa fortune à La Neuveville afin que les autorités d'alors ouvrent un home pour personnes âgées indigentes.
A l'époque, les EMS n'existaient pas...

Intervenants : M. Reynold Ramseyer, écrivain et Mme Lucie Schwaab, directrice du Home "Montagu"

Rue du Musee, Estavayer-le-lac

Estavayer-le-Lac héberge dans son musée une bien étrange communauté : celle des grenouilles.
Elles sont plus de 108, toutes empaillées, il y a cent trente-cinq ans, on ne sait comment par François Perrier, capitaine au service du Pape. Tous ces batraciens sont mis en scène : il y a ceux qui sont à l'école, ceux qui jouent au billard, certaines grenouilles discutent alos que d'autres boivent...
Les Sœurs Dominicaines, établies à Estavayer-le-Lac depuis plus de 680 ans, nous présentent leur couvent sis à une minute du Musée. Pendant les années de la peste, seules trois Sœurs survivèrent à la grande épidémie. Plus tard, lors des invasions napoléoniennes elles déposèrent des sacs de céréales devant la porte du couvent ce qui sauva ce dernier de la destruction.

Intervenants : M. Paul Périsset, gardien du musée communal, et Sœur Monique Ribeaud, couvent des Dominicaines

Rue Pierre Péquignat(1669-1740), Porrentruy

Au début du XVIIIème siècle, la région de L'Ajoie appartient au Prince-Evêque de Bâle. Toute la contrée est en pleine déliquescence même si les autorités imposent des taxes démesurées sur les récoltes, la chasse et la pêche. Mais les paysans ne veulent plus se laisser faire. Ils nomment des commis afin de les représenter auprès du Prince Evêque.
Péquignat est l'un de ces hommes. Courageux et téméraire, il prend la tête d'une révolte qui finira mal car notre homme sera exécuté en 1740, devant l'Hôtel de Ville de Porrentruy, avec deux de ses compagnons.
De la fenêtre de son château, Le Prince-Evêque assiste à cette exécution.

Intervenant : M. François Christe, gendarme retraité et acteur dans le rôle de Péquignat

Rue Louis Pernod (1836-1910), Couvet

On ne prononce pas son nom, ou juste du bout des lèvres.
Officiellement personne n'en consomme, mais tout le monde y a déjà goûté, et le doux clapotis de l'eau qui tombe sur le sucre pour le faire fondre, berce toujours le Val de Travers.
Si l'on devait mettre un visage sur l'absinthe, car c'est bien d'elle qu'il s'agit gageons que c'est celui de Louis Pernod que les habitants de Couvet choisiraient. Cet industriel et sa famille fabriquaient et commercialisaient "la Fée Verte" avant l'interdiction de cette liqueur en 1908, interdiction fomentée en partie par les vignerons, jaloux de son succès.

Intervenant: M. Pierre-André Delachaux, professeur

Rue Horace-Bénédict de Saussure (1740-1790), Genève

Tous les Suisses connaissent sa tête, son portrait illustrait nos billets de vingt francs.
Ce que l'on sait moins, c'est que Horace-Bénédict de Saussure fut, non seulement un chercheur passionné par la minéralogie et la météorologie, mais aussi un vrai aventurier. Malgré un vertige important notre homme fit l'ascension du Mont-Blanc afin de tester ses nombreuses inventions.
Image insolite que celle de ces hommes en redingotes et souliers plats affrontant la glace et les crevasses.
Ce Genevois était à l'image du XVIIIème siècle, un homme complet.

Intervenant : M. Yves de Saussure, psychologue

Place Saint-François, Lausanne

Du couvent des Frères Cordeliers à la plaque tournante des transports publics lausannois, la Place Saint-François a été de tout temps, le cœur de la ville. Pourtant, que de transformations ont été effectuées depuis plus de dix siècles.
D'abord bombée, la place et son église ont menacé plus d'une fois de s'écrouler. Les habitants du quartier ont vu y prendre place un manège, un casino.
Il n'en reste pas moins que l'église érigée en souvenir de St-François d'Assise, est l'un des monuments les plus visités par les touristes de passage à Lausanne, et la Place St-François demeure le cœur de Lausanne.

Intervenante: Mme Madeleine Gonin, guide

Rue Rodolphe Toepffer (1799-1846), Genève

Le Genevois Rodolphe Toepffer ne se décrit pas, il se dessine.
Ce directeur d'école, pas très sage, féru de politique et de voyages, aimait à faire des petits dessins en marge de ses lettres afin d'exprimer ses idées. De cette manie, il fit un art et à travers "Les Aventures de Monsieur Vieux-Bois" ou ses "Voyages en zig-zag", on peut dire aujourd'hui, sans rougir, que l'inventeur de la bande dessinée est Suisse.

Intervenante : Mme Danièle Buyssens, conservatrice

Rue Vaicle (1589), St-Ursanne

Jehannette Vaicle, sorcière jurassienne, fut condamnée au bûcher au XVIème siècle par les autorités religieuses.
Mais elle n'est qu'une femme parmi beaucoup d'autres, accusées de sorcellerie. Les prétendues sorcières étaient légion dans le Jura. On les accusait de forniquer avec le démon, de pratiquer des rites contre nature, de faire des sabbats nocturnes et de jeter des sorts. Il faut dire que les profondes forêts de sapins et les landes désertiques se prêtent bien au surnaturel et au mystère.
Le plus souvent, ces soi-disant sorcières étaient juste des femmes seules qui vivaient à l'extérieur des localités, et qui avouaient n'importe quoi sous la torture.

Intervenante : Mlle Sandrine Strobino, étudiante