À propos de «Angèle Stalder ou La vie est un cadeau»

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Tournage 1987: Oliver Frei, Claude Noir, Jacqueline Veuve

Extraits des dialogues

« Tous les matins je me dis, Seigneur tu me donnes un jour, alors il faut en faire quelque chose. Donc moi je trouve que c'est un cadeau tous les jours. C'est d'ailleurs beaucoup avec mon oiseau que je vois aussi. Tous les matins quand je lui enlève son linge, il regarde où il est et, on dirait que c'est tout neuf pour lui et je me dis et ben c'est aussi tout neuf pour moi. La journée comme ça vécue il semble que c'est, c'est quelque chose qu'on prend tous les jours et puis qu'on est très attentif à ce qui vient. »

« Et à la sortie de l'école secondaire, j'ai fait l'école de lingerie et là, à ma dernière année d'école de lingerie, mon père s'est suicidé et j'ai dû partir en usine. C'était pas exactement ce que j'aurais voulu faire, mais enfin. Et y'avait pas de choix, j'avais surtout tellement admiré les femmes de Russie qui pouvaient choisir des métiers d'hommes, et j'aurais tellement aimé conduire un train. Mais, je me suis engagée par la suite dans un mouvement ouvrier sur le plan syndical et c'était aussi une locomotive. »

« ... À l'usine on sait pertinemment qu'on use à force travail. on use à force travail mais il semble que, on prend... je ne voudrais pas dire sa force qu'on voudrait louer, mais on prend la personne toute entière. Il semble que le matin, depuis le pas qu'on met dans l'usine jusqu'au soir quand on en ressort, on est vraiment à la disposition pour tout ce qu'on est et tout ce qu'on a. Alors ça nous rend vraiment petit, parce qu'on sort de là tellement fatigué et vidé. Et y'a qu'à voir, par exemple ... la participation minime des travailleurs aux affaires publiques, disons au syndicat aussi c'est tout de même aussi ça. 
Le soir on est tellement vidé que ressortir c'est quelque chose qu'on peut pas demander à chacun. Tout le monde n'a pas la même capacité de force et santé. Que c'est ça vraiment la pauvreté des travailleurs. On se sent petit, minus, rien du tout. 
J'ai donc à mon actif, 17 ans de travail en usine chocolat Villars, et j'ai travaillé 20 ans à la fabrique de cartonnage. »

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