Jacqueline Veuve

Cinéaste et ethnologue (1930-2013)

La mort du grand-père ou Le sommeil du juste (Jacqueline Veuve)

La mort du grand-père ou Le sommeil du juste

Suisse 1978. 16mm; Beta/VHS, couleurs, 87 min.
 

Image: La mort du grand-père ou Le sommeil du juste 

affiche


Chronique de la vie et de la mort, racontée par ses cinq filles, d'un homme représentatif d'une Suisse protestante du début du siècle où la vertu du travail conditionne toute la vie. Il est d'abord paysan, ouvrier puis patron d'une petite entreprise familiale où ses filles travaillent comme ouvrières. L'entreprise devient une fabrique importante qui sera reprise par le fils unique.
Les cinq récits nous font revivre le contexte familial et professionnel de la première moitié du siècle. Ils sont aussi cinq versions différentes de la mort sereine d'un homme qui a le sentiment du devoir accompli. Le film illustre les thèses de Max Weber dont on connaît l'importance pour la compréhension de la civilisation occidentale issue de la Réforme.
 

RéalisationJacqueline Veuve
ScénarioJacqueline Veuve
CaméraWilly Rohrbach
SonPierre-André Luthy
MontageEdwige Ochsenbein
CollaborationSupervision: Georg Janett
Durée87 min.
Format16mm; Beta/VHS, couleurs
Versionsfrançais; ST: english, deutsch
Vente DVD/vidéoVHS  [commander
Festivals/prixQuality award (Swiss Federal Office of Culture). Selected by FIPRESCI for Locarno Festival 1978. Festival Film de Femmes, Créteil 1979. Shown by Pro Helvetia abroad.
ProductionAquarius Film Production
Droits mondiauxAquarius Film Production
Distribution en SuisseAquarius Film Production, CH-1808 Les Monts-de-Corsier
Tél. +41 21 921 18 20 – Fax +41 21 921 78 31
E-mail: info@jacquelineveuve.ch – envoyer un message
Distribution internationalFrance:
Visionnement: Bibliothèques publiques, cf. www.culture.gouv.fr
CréationSoleure 1978
LittératureJ.Veuve, La Mort du Grand-Père. Lausanne 1983.


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Extraits de presse


Jacqueline Veuve nous raconte sereinement son roman familial... avec ce même souci de perfection qui la fascine, qui la rebute et qui l'effraye chez ce grand-père, patron horloger.

La fiction envahit le documentaire par bouffées, rouges comme ces flots de rubis qu'on s'usait la vie à polir. L'absence de distance critique, la minutie innocente dans l'observation, en disent plus long que les discours pipés des idéologies en place.

Jacqueline Veuve est une de ces rares cinéastes à la fois artisan et poète.

Patricia Moraz - LE MONDE

C'est l'histoire de cet homme qu'elle raconte, entourée des cinq filles du défunt, ses quatre tantes.

Et les témoins se montrent cruels derrière le sourire bienveillant. On dirait qu'ils eussent souhaité bien souvent se révolter et n'osèrent jamais.

La plénitude et la maîtrise dominent tout le récit .

LE SOIR de Bruxelles

"Une belle histoire subjective sur un fait objectif: la mort d'un homme... 

Un homme bon ou un petit tyran?

Un caporal d'industrie ou un chef de famille?

Cette chronique sévère est une chronique d'amour. Roublard, le grand-père qui a dû dire à chacune des filles qu'elle était sa préférée.. Pourtant, en 1900, il fallait obéir. On était une fille, on ne se révoltait pas.

Ce qu'il y a de plus joyeux dans ce film, c'est qu'on se répète à tout instant qu'à la génération d'après, cela a donné une cinéaste. C'est doux et téméraire. C'est une façon de femme de regarder soi et le monde.

Claire Clouzot - LE MATIN de Paris

Les différents modes de vie des cinq filles laissent un souvenir impressionnant. C'est avec soin que la réalisatrice a tracé le portrait des sœurs dans leurs mondes respectifs. Elles apparaissent ni comme pauvres victimes d'un système fondé sur le labeur, la discipline et l'ordre, ni comme héroïnes. Tout au plus sont-elles les témoins du fonctionnement d'un tel système... Dans ce sens, ce film illustre non seulement les théories wéberiennes sur la relation entre le protestantisme et l'accroissement des biens, il fournit également des illustrations sur la critique de la famille bourgeoise de David Cooper.

Le film de Jacqueline Veuve ne s'épuise pas dans le récit de relations familiales. Il représente notamment un document sur le développement de l'industrie horlogère. Les phases de travail ne sont non seulement présentées avec beaucoup de précision, mais le tic-tac d'une montre et le rouge d'un rubis sont un leitmotiv au même titre que la mort. 

Beatrice Leuthold - TAGES-ANZEIGER (Lire le texte intégral: pages en allemand)

Si le film de Jacqueline Veuve est admirable et bouleversant, c'est, en définitive, pour cela: par-delà la précision toute documentaire de ses informations sur la construction d'une entreprise familiale en plein libéralisme industriel, réussir tantôt à exhiber, tantôt à suggérer les mille ambiguïtés de l'amour, de l'amour familial.

Jean-Paul Fargier - LES CAHIERS DU CINÉMA (texte intégral: cf. page de détails)

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